Ice Bowl III

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Seulement 364 jours après leur clash en finale NFL à Dallas, les Cowboys et les Packers allaient remettre l’affaire, cette fois à Green Bay.

Green Bay est une ville située aux abords du Lac Michigan, un des cinq grands lacs d’Amérique du Nord. Grand lac parce qu’étant seulement le troisième des cinq en termes de superficie, il est tout de même 100 fois plus grand que le Lac Léman ! En hiver, ces lacs proposent un régime météorologique intéressant à leurs villes attenantes, oscillant souvent entre un temps glacial et sec ou plutôt modéré et neigeux. Pour ce weekend du 30 décembre 1967, la météo prévoyait un temps froid et on pensait bien connaître le froid dans ce coin du pays. On y été tellement habitué que le printemps précédant, le coach Lombardi, dans un geste bien avant son temps, avait investi $80 000 dans un système de chauffage sous terrain spécialement pour ces matchs d’hiver. Lombardi n’était pas du genre à laisser les choses au hasard dans sa quête d’un autre titre NFL.

Mais Dame Nature réservait une grande surprise qui allait tester les limites de tous les protagonistes, système de chauffage inclus. Au réveil le thermomètre indiquait -25°C avec un facteur vent de -43°C ! Le chauffage rendit l’âme dans la nuit, laissant des plaques de terre gelées un peu partout. Jusqu’à l’échauffement, plusieurs joueurs croyaient que le match serait annulé mais il n’en fût jamais question. Aujourd’hui, les joueurs bénéficient de bancs chauffés mais à l’époque il n’y avait rien de ce genre. Même les collants iso-thermiques n’existaient pas et peu de joueurs portait des gants. Il faillait se rabattre sur des multiples couches de sous-vêtements voire une cagoule sous le casque. Rien ne pouvait empêcher que quelques joueurs soient traités pour des gelures après trois heures dans ces conditions glaciales.

Pendant les trois quart-temps, et presque la totalité du quatrième, les équipes ont livré un combat à l’image des conditions – les avancées étaient difficiles et la balle avait plus l’allure d’une pierre que d’un engin gonflé recouvert de cuir.  Le score était 17-14 en faveur de Dallas quand Green Bay prit possession à leur ligne de 32 avec 4:50 minutes restant à jouer.

Les circonstances de la vie nous jouent constamment des tours, parfois pour le bien et parfois pour le pire. Chuck Mercein était un runningback vedette à l’Université Yale et fut sélectionné à la 31ème place par les New York Giants lors du repêchage NFL de 1965. Après avoir été le porteur de balle le plus productif des Giants lors de sa deuxième saison, il fut relâché au début de la saison de 1967. Etant obligé de continuer dans une petite ligue semi-professionnelle, Mercein se sentait humilié mais ce sentiment allait vite disparaître. Peu de temps après, et suite à une journée de tests physiques, il reçut une offre des Redskins de Washington. N’ayant pas formellement signé un contrat, il restait agent libre quand, à son retour à New York, un appel de Vince Lombardi allait changer à jamais sa vie. Quelques semaines plus tard, Mercein se retrouvait partant dans le plus gros match de sa carrière et a directement accumulé la moitié des 68 yards de ce dernier drive.

1ère & 10 : Passe courte de Starr au runningback Anderson, gain de 6 yards.

2ème & 4 : Course de Mercein pour 7 yards

1ère & 10 : Passe complétée à Dowler pour 13 yards et les Packers sont en territoire adverse. Mais cet élan fut effacé en parti sur le jeu suivant quand Anderson a perdu 9 yards sur un débordement. La situation est maintenant 2ème et 19 avec la balle sur les 49 de Green Bay. Anderson s’est racheté sur les deux jeux suivants lorsqu’il a attrapé deux passes courtes de Starr, les transformant en des gains de 12 et 9 yards.

1ère et 10 sur les 30 yards de Dallas ; il restait 1 minute 35 secondes à jouer.  L’acquisition de Mercein allait se justifier quand il effectua une réception difficile sur une autre courte passe de Starr et gagna 19 yards en longeant la touche avant de sortir. Après un autre jeu au sol et un court gain, les Packers ont un 1er essai à un yard de la zone d’embut des Cowboys. Remise directe à Anderson pour aucun gain – timeout Packers. Il reste 20 secondes. Une autre remise directe à Anderson qui glisse sur une plaque de glace en prenant la balle ; il réussit avec difficulté à ne pas perdre des yards. Les Packers utilisent leur dernier timeout ; il reste 16 secondes. Starr va au banc à la rencontre de Lombardi. Ce quarterback vétéran, avec la confiance totale de son coach, vient d’appeler tous les jeux sur cette série. Starr suggère « Brown Right, 31 Wedge », un jeu au sol direct au centre avec le Fullback comme porteur. Appeler un jeu au sol était un « All in », il n’y aura pas de suite. Les Packers seront champions ou ils ne le sauront pas. Starr connaissait bien son coach pour avoir passé les 9 dernières saisons sous ses ordres. Il savait qu’un jeu direct au sol incarnait la philosophie de Lombardi ; pas question d’être fin, tout allait se résumer à la confrontation physique entre les deux lignes et l’exécution offensive des Packers – pure Lombardi. Mais ce que personne ne savait est que Starr n’avait aucune intention de remettre la balle à Mercein, même ce jeu simple devenait compliqué au vu des conditions. Si le Fullback glissait avant de prendre la remise tout serait fini. Starr allait lui-même conserver la balle et suivre les bloques.

Cette photo est l’une des plus mémorables dans l’histoire de la NFL. On voit bien le Fullback Mercein (N°30) avec ses bras en l’air, mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne célébrait pas le touchdown. Que faisait-il ?

 

 


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